Belvédère de Château-Julien

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Parmi les sites incontournables du Vercors, il en est deux, voisins, que cette chronique expose : la plaine d’Herbouilly et le belvédère de Château-Julien.

DSC06359.jpgMais avant de rentrer dans le vif du sujet, je ne peux m’empêcher de relater cette belle découverte, faite juste avant le hameau des Olivets, entre le pont de même nom, sis à l’entrée des gorges de la Bourne, et Bois Barbu, pour nous rendre au Pot du Loup, point de départ de cette randonnée : nous avions déjà remarqué un chamois sur les pelouses en contrebas de la petite route pentue, juste avant les falaises qui surplombent les gorges intermédiaires entre le pont des Olivets et la Goule Blanche (voir ici). Nous étions donc à l’affût, et nous avons observé cette fois une harde complète de jeunes chamois ou cabris.

Déjà bien satisfaits de cette belle rencontre, nous avons ensuite rejoint le Pot du Loup par la route d’Herbouilly que nous connaissons mieux à vélo ou en ski de fond. Du Pot du Loup, le sentier GRP tour du Vercors drômois nous permet de traverser la plaine d’Herbouilly, zone naturelle protégée, étendue ouverte et pelouse cultivée à 1300 mètres d’altitude, permettant aux nombreuses espèces animales et végétales de s’épanouir au centre d’une vaste forêt de hêtres et d’épicéas.

Avant d’arriver au centre de la pelouse, on remarque à gauche un gour ou scialet, ou encore dolline herbeuse, constitué d’un cône creux qui recueille les eaux de pluie, relié au réseau karstique souterrain de ce plateau. En fait, il est plus petit que le Gour fumant qui se situe un peu plus loin dans son axe, en bordure de forêt.

DSC06384.jpgPlus loin en avançant dans la prairie, on se trouve en présence d’un haut lieu de la résistance en Vercors, même s’il n’en reste que les ruines d’une ancienne ferme. Il s’agit de la ferme d’Herbouilly, en fait l’ancien PC de la compagnie commandée par Jean Prévost, alias Goderville, du maquis du Vercors lors de l’attaque de la forteresse naturelle en juin 1944 par les nazis.

Après avoir respiré l’air de la liberté, nous poursuivons notre chemin vers l’extrémité nord de la prairie, qui s’élève vers les cols d’Herbouilly et de Chalimont, en dépassant de belles grumes entassées en attente d’une descente vers le lieu de stockage ou de découpe.

La forêt a maintenant repris le dessus sur l’espace dégagé de la prairie, et nous atteignons le col de Chalimont après avoir avisé plusieurs gouffres et une grotte anonyme sur notre gauche.

Du col, nous apercevons les sommets que nous convoitons, et empruntons la piste forestière bien connue l’hiver qui grimpe au milieu de hauts sapins à Château-Julien. L’humidité des pluies du samedi se dégage au soleil sous la forme de brumes qui s’élèvent.

Deux lignes droites séparées d’une belle épingle, et nous arrivons aux deux épingles qui marquent l’arrivée au plateau de Château-Julien, et ses panoramas. La première vue qui se dégage porte sur les Hauts Plateaux du Vercors et ses sommets, Grande Moucherolle en tête.

DSC06426.jpgNous finissons l’ascension pour rejoindre le sommet à 1560 m, qui complète le panorama  des Hauts Plateaux par une vue à 360 degrés : la plaine d’Herbouilly à nos pieds, les montagnes du Diois, Glandasse et plateau d’Ambel, Vassieux et la Chapelle-en-Vercors, les Monts du Matin.

Après un long temps de contemplation, nous effectuons le tour du plateau en rejoignant l’extrémité de la route de la Combe de l’Ange, puis retrouvons la piste de montée dont nous ne descendons que les deux premières épingles pour bifurquer tout droit dans le virage et amorcer une descente dans le vallon du Riou au pied de Malaterre.

Elle nous ramène directement à Herbouilly que nous traversons pour retrouver le Pot du Loup et terminer cette belle balade assez facile.

Les photos sont ici.

Distance = 10,74 km
Durée = 3h07′
Gain d’altitude = 380 m

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Cols de la Morte, d’Ornon et montée d’Oulles

Panorama depuis OullesComme annoncé, un orage est passé dans la nuit, sans grandes précipitations visiblement, mais ce matin le ciel est partagé entre résidus instables et ciel bleu. Au moment de partir, une averse me dissuade. Je pars de Séchilienne, au pied de la montée de la Morte, et le ciel semble vouloir passer au bleu.

Le circuit choisi est classique (bien que je m’aperçois ne l’avoir pas décrit encore dans ces chroniques), il consiste à faire le tour du massif du Taillefer par les cols de la Morte qui relie Basse-Romanche et Matheysine, et d’Ornon qui relie Valbonnais et Oisans. Mais j’ai décidé d’y ajouter la montée d’Oulles, que je n’ai encore jamais gravie, et qui manque à ma collection.

La montée à la Morte est assez longue mais la pente n’est jamais très raide. Il ne faut toutefois pas sous-estimer les efforts qu’on y déploie, surtout lorsque la suite n’est pas en reste. L’avantage est qu’elle se déroule essentiellement en forêt, ce qui est avantageux l’été. La chaleur ne s’invitera finalement pas avant le sommet, car ce sont les instabilités qui vont s’imposer.

La descente sera gâchée par la présence de l’ennemi juré des cyclistes : les gravillons dont je n’ai toujours pas compris pourquoi les cantonniers s’évertuent à recouvrir les routes l’été. Après un mois, ne restent que des aplats maigrichons dont on se demande s’ils peuvent vraiment prolonger la durée de vie du revêtement !

Parvenu à Lavaldens, une averse, visible depuis la descente avec l’impression que le ciel gris se déchire en lambeaux vers le sol, me mouille un peu, mais inutile de sortir l’imperméable. A partir de là, les routes seront par endroit mouillées. Je poursuis et emprunte la petite route d’Oris en Rattier qui traverse la Roizonne avant le village, puis descend vers Siévoz.

De là, je remonte la vallée de la Bonne, comme il y a 15 jours et passe Valbonnais, Entraigues, sis entre la Bonne qui descend du Valjouffrey, et la Malsanne qui descend du col d’Ornon, d’où le nom du village. La suite est une remontée en faux-plat vers le Périer et La Chalp.

De ce hameau, la pente se redresse insidieusement, sans en donner l’impression, d’autant que la route est large, assez rectiligne, au milieu de la vallée qui s’est un peu élargie, bien qu’écrasée entre de hauts sommets comme le Grand Armet à gauche, et le Rochail et la pointe de Malhaubert à droite. La route est obligée d’adopter un tracé en larges zig-zags pour s’accommoder de la pente. Chantelouve passé, il reste quatre épingles, mais le temps paraît long.

Au col, assez plat, où vivote la station du col d’Ornon, on bascule côté Oisans. La descente est rapide et agréable, même s’il faut rester vigilant car il y a quelques épingles à bien négocier. On passe le Rivier et le Pont des Oulles, puis la Pallud d’où part la route de Villard-Reymond, mais il faut poursuivre la descente sur 2 à 3 kilomètre, jusqu’à l’embranchement de la montée d’Oulles.

la route du col d'Ornon, descendue il y a quelques minutesOulles est un petit (si ce n’est le plus petit) village de l’Oisans, qui a vécu de l’exploitation du plomb argentifère au moyen-âge. Posé sur des alpages adossés au Taillefer, il est tourné vers les Grandes Rousses, la Meije, les glaciers de la Girose et du Mont-de-Lans, et vers les Ecrins. C’est donc pour ce panorama et cette ambiance que la montée en cul-de-sac se justifie. Mais la route elle-même, taillée en 1963 dans des falaises verticales, mérite à elle-seule l’ascension. De nombreux lacets, serrés, qui donnent de jolis points de vue sur la vallée de la Lignarre que l’on vient de descendre, et même sur la plaine aval de Bourg d’Oisans. Mais un effort continu sur cette pente à 9-10% est exigé pour atteindre le village et jouir du panorama.

La descente ne peut être rapide, du fait de l’étroitesse de la route, des bordures vertigineuses, et de l’état de la route, présentant soit des fissures, soit des pommes de pins, soit des ardoises tombées de la montagne.

Je rejoins ensuite la plaine de Bourg-d’Oisans, emprunte la longue ligne droite de la nationale, dépasse Rochetaillée, pour une nouvelle ligne droite monotone face au vent, et passe le pont au-dessus de la Romanche après la prise d’eau de la future centrale de Gavet en construction, pour descendre la vallée restée un peu industrielle jusqu’au point de départ à Séchilienne.

Les photos sont ici.

Distance = 106,91 km
Durée = 5h51′
Vitesse moyenne = 20,7 km/h
Gain altitude = 2.698 m

Ski-roues sur les berges de l’Isère

Ski-roues sur les berges de l'Isère au soleil couchantJe mesure combien ce genre de chronique peut paraître sans intérêt pour le lecteur. Mais les chroniques font aussi le récit des activités sportives qui permettent simplement de se préparer à la saison suivante par exemple, même si elles n’ont pas d’autre but que l’entraînement.

Dans le but d’éviter l’ennui provoqué par ces répétitions, j’ai regroupé ici les sorties de ski-roues réalisées depuis la fin des vacances : 4 sorties de 20 kilomètres en à peine une heure, du barrage de St Egrève à la portion de piste située entre le passage à gué et la route qui rejoint les Iles de Moirans.

Je les ai réalisées le soir au soleil couchant par des températures chaudes de cette deuxième partie de l’été, les 7, 15, 22 août et le 5 septembre, permettant d’échapper un peu à la canicule, et d’éviter le trafic de la journée (vélos, coureurs pour l’essentiel).

Distance = 20 km
Durée = 1h00′
Vitesse moyenne = 20 km/h

Les falaises de Presles

en vue de la première épingleLa balade du jour a pour principal objectif de rejoindre Choranche, haut-lieu touristique du Vercors, via la petite route accrochée à la falaise de Presles. Pour ce faire, nous gagnons depuis Autrans les gorges de la Bourne par la route classique desservant les Tranchants puis Méaudre via les Eymes, le tout avec un vent fort dans le dos. Méaudre est fermé à la circulation, car c’est la fête. Nous traversons le village au milieu des stands et d’une foule peu compact encore en dépit de l’heure avancée.

Plus loin, nous descendons les gorges du Méaudret, et notons l’envergure des travaux d’aménagement de la Via Vercors, piste en Baltazar qui reliera Méaudre à Villard-de-Lans pour développer les modes doux.

Nous dévalons ensuite les gorges de la Bourne en faisant attention de freiner à l’approche de véhicules de touristes, lents, en particulier les camping-cars qui doivent parfois s’arrêter le long de la paroi pour laisser passer un véhicule remontant les gorges. C’est l’inconvénient du mois d’août dans une région touristique.

Plus bas, nous franchissons le pont de la Goule Noire pour passer en rive droite, puis poursuivons jusqu’un peu avant la Balme de Rencurel, afin de tourner à droite et entamer la montée vers Rencurel. Comme toujours, nous admirons la fière allure du village posé sur l’épaulement, entouré de ses cultures et pâturages, puis traversons le hameau, sans âme apparente, si ce n’est près de l’hôtel des Marronniers, qui offre cependant un cadre reposant à ses clients.

Nous sortons du village et poursuivons jusqu’au pont franchissant la Doulouche où nous prenons à gauche en direction du col de Pralétang. La montée est longue mais jamais raide, s’effectuant sur une petite route étroite mais agréable, donnant parfois l’impression d’être sur une piste cyclable.

Nous traversons successivement le hameau des Glénats, offrant un joli point de vue sur Rencurel, puis des Ailes, dont la vue sur la Grande Moucherolle et les pistes de Villard est remarquable. Au début de la section en forêt domaniale des Coulmes, nous avisons un scialet effondré de belle taille, la Balme Riendre. Encore plus loin, nous dépassons une école en ruine, puis, après plusieurs boucles entre de petits mamelons de calcaire, nous atteignons enfin le col de Pra l’étang.20170820_130032

La route descend jusqu’à une clairière aménagée près de la grotte de Pra l’étang, noeud de nombreuses pistes forestières. Plus loin, une belle ligne droite descendant sur le versant ouest offre une trouée sur le rebord des falaises de Presles, surplombant les gorges de la Bourne, Châtelus, et au loin le vallon de Bouvante jusqu’au plateau d’Ambel.

La descente reste agréable en contrôlant la vitesse du fait d’un bitume rugueux et la présence d’ondulations qui pourraient s’avérer dangereuses à grande vitesse. Finalement, nous débouchons sur le plateau de Presles, que nous rejoignons pour nous restaurer. Hélas, l’auberge est occupée par un stage de Jazz, et n’offre pas le couvert.

Nous rebroussons chemin et dépassons la route du Charmeil pour déboucher en balcon de la Bourne sur la très belle route reliant Presles aux gorges, via de beaux lacets tantôt à flanc de falaise, tantôt lovés dans des pentes herbeuses ou arborées. Nous nous arrêtons brièvement pour regarder le paysage grandiose, aviser un grimpeur au-dessus de nous, accroché à la falaise, peut-être le guide-grimpeur Bernard Gravier qui tient un gîte sympathique au Charmeil, puis reprenons la descente.

Nous prenons à gauche une petite route, raccourci vers Choranche. Au village, une auberge nous accueille pour un plat de ravioles, au milieu des base-jumpers (avec ou sans wingsuit), car les falaises de Choranche sont célèbres aussi pour cette activité extrême.

20170820_140005Nous repartons (trop) rassasiés et reprenons l’ascension des gorges inférieures de la Bourne, en passant devant la route d’accès à la grotte, et en admirant le site de Moulin-Marquis (la cascade étant cependant asséchée) et du Bournillon dont la centrale turbine les eaux captées dans la grotte.

La montée n’est pas trop raide et permet d’adopter le rythme qui convient. Nous sortons des gorges après avoir emprunté la route parfois accrochée à la paroi, parfois la traversant par des tunnels de faible longueur. La Balme de Rencurel nous ramène ainsi à la partie mieux connue entre la Balme et le Méaudret, qui se parcourt agréablement si ce n’est le trafic autos-motos de ce week-end chargé d’août. La suite est commune avec l’aller.

Les photos sont ici.

Distance = 80,18 km
Durée = 5h41′
Vitesse moyenne = 16,6 km/h
Gain d’altitude = 1.612 m

Essai de ski-roues à Corrençon en Vercors

Nous partons pour Corrençon, plus précisément sur le stade de Biathlon, où nous répondons à l’invitation de Simon Fourcade nørdique Glisshop, qui offre la possibilité de tester différentes paires de ski-roues de la marque française Nordeex.

Je teste successivement une paire de skis moyennement rapide, car je suis équipé en Ski Skett rapides, puis en skis lents, qui offrent la sécurité sur des pistes vallonnées comme celles de Corrençon ; en effet, ils atteignent rapidement leur vitesse maximale, ce qui évite de se sentir irrémédiablement accélérer dans une descente, chose qui m’arrive avec mes skis et m’a causé une belle chute par le passé.

Après plusieurs petits tours sur le stade, de bonnes discussions avec les conseillers de la boutique en ligne de notre champion vertacomicoro-catalan, nous terminons notre sortie ski-roues par la redescente sur le foyer de ski de fond / clubhouse du golf, et allons nous promener dans Villard-de-Lans très animé en ce mois d’août, en dépit de la fraîcheur qui limite la température sous les 20 degrés.

Cols de Tourniol, de la Bataille, et de la Machine

Le vallon de Léoncel vu du col de TourniolBelle balade déjà effectuée en solo l’année passée (voir ici) ; mais pour la rendre un peu plus accessible, le retour s’effectue directement par Lente au lieu de repasser par le col de la Chau (Font d’Urle), Vassieu et les cols de Proncel et Carri.

Nous ne partons pas de bonne heure, car il fait encore frais ce dimanche matin et nous avons la journée pour nous. Départ de la Baume d’Hostun, joli village paisible. Rejoindre Barbières est une formalité même si le parcours est un peu vallonné et les cuisses me rappellent les efforts de la veille.

A Barbières, nous entrons dans le vif du sujet et entamons la longue montée du col de Tourniol. Petit à petit nous apprivoisons le paysage étendu de la plaine Valentinoise jusqu’au monts de l’Ardèche. Face à nous, les Monts du Matin et le Rocher du Roi Gros-Nez nous préparent pour la suite de la randonnée.

Les nombreuses épingles franchies, nous atteignons le col de Tourniol si esthétique sur ses deux versants. Nous n’oublions pas d’avoir une pensée pour les victimes du crash de 1989. La descente qui s’ensuit nous rappelle la fraîcheur inhabituelle en ce début de WE du 15 août. Heureusement nous parvenons à Léoncel et son abbaye.

L'abbaye en cours de restaurationHélas, l’Auberge n’est pas accueillante et son tenancier ne daigne pas nous restaurer. Ce sera la deuxième fois sur les deux fois où nous avons poussé la porte. Après avoir admiré une fois encore la modeste abbaye dans son site exceptionnel, nous reprenons l’ascension du col de la Bataille, qui passe par la petite station nordique du Grand Echaillon.

Hélas, comme je le craignais, le foyer est fermé, nous laissant le ventre vide. Nous finissons la belle ascension vers le col de la Bataille, admirons les paysages dont on ne peut se lasser, et reprenons notre traversée en bordure de la vallée de la Lyonne, longeant le Saut de la Truite, jusqu’au col de la Portette qui marque l’entrée sur le plateau de Lente.

Un beau panorama : le rocher de la TruitePanorama de Combe LavalDe là, nous rejoignons facilement le col de la Machine, où nous nous arrêtons pour, espérons-nous, prendre un goûter (trop tard pour un déjeuner), mais il n’y a plus rien non plus à manger ! Une boisson ne nous console qu’à moitié, mais nous comblons le chemin qu’il reste à parcourir jusqu’à St Jean en Royans via l’extraordinaire route de Combe-Laval, et la belle descente qui s’ensuit.

20170813_164339A St Jean, nous allons enfin prendre un goûter consistant, avant de finir notre joli tour par un beau dimanche d’août.

Les photos sont ici.

Distance = 87,80 km
Durée = 5h49′
Vitesse moyenne = 17,7 km/h
Gain altitude = 2.138 m

 

 

ND de la Salette via le col de Parquetout

Le sanctuaire de ND de la SaletteA quelques jours de l’Assomption, objet d’un grand pèlerinage, le second en France après Lourdes, et parce que je suis Dauphinois et fervent pratiquant (de vélo s’entend), j’entreprends avec la jeune garde l’ascension du Sanctuaire de Notre-Dame de la Salette.

Pour ne pas trop allonger le pèlerinage ni augmenter trop la difficulté avec une dénivelée trop grande, nous partons de Laffrey, pas trop tôt ce samedi matin car la fin de semaine a été marquée par de fortes précipitations et par un rafraîchissement inhabituel ayant vu le retour de la neige à 2000 mètres.

Nous démarrons par une montée agréable en direction de Cholonge, laissant quelques belles vues sur le Sénepy et les lacs de Laffrey, Petichet et Cholonge. Dépassant Villard St Christophe et Fugières, nous atteignons Nantes-en-Ratier avec l’Obiou face à nous qui se libère de ses nuages et laisse sa Grande Tête apparaître de blanc vêtue.

Commence alors la première véritable ascension, qui reste brève par rapport aux suivantes : la montée au col de Malissol. Cette formalité accomplie, nous dévalons en direction de la Valette, avec les sommets blanchis du Taillefer en vue, vers le col de la Morte depuis lequel coule la Roizonne.

Ce dernier torrent, grossi des pluies de la semaine, franchi, nous reprenons une courte montée vers Oris-en-Ratier niché sous le Coiro que nous allons contourner par le sud, via Siévoz en rejoignant la vallée de la Bonne.

Passé le verrou glaciaire, par le cheminement de l’ancienne voie ferrée dont reconnaît certains ouvrages d’art dont un viaduc, la vallée s’ouvre sur le Valbonnais et le village qui lui a donné son nom après avoir encore grimpé un long faux-plat. Encore un peu loin, on redescend près du torrent que l’on franchit sur un large pont en bois.

Immédiatement, derrière, sur la droite, une petite route dessert le hameau des Engelas, et… le terrible col de Parquetout. L’ascension est toujours aussi difficile, jamais en-dessous de 11% sur plus de 7 kilomètres, sauf au tout début et vers un hameau de quelques maisons où la pente diminue un peu.

20170812_122627Un peu au-dessus du col géographique, que la route aborde par en-haut pour contourner une barre rocheuse, la vue du versant sud sur le Beaumont et l’Obiou contraste avec les pentes rudes en forêt. On reconnaît également le Chauvet, belle montagne arrondie que l’on va contourner au sud-est par le col de l’Holme, avant de redescendre sur Corps via le village de Ste Luce, offrant des vues sur le lac du Sautet et de l’Obiou de toute beauté.

De Corps, nous abandonnons la Route Napoléon, chargée par les vacanciers en cette fin de semaine classée noire, et prenons la direction du Sanctuaire de ND de la Salette. La route descend après être montée au-dessus de la cité historique dauphinoise mais pas pour longtemps. Parvenus à l’entrée de Fallavaux, village au pied du sommet de Gargas, portant le Sanctuaire, un cimetière canadien rappelle la catastrophe aérienne de l’Obiou en 1950.

On approche du fond de la combe de Boutière sous le col d'HurtièresLa pente se redresse, pour ne pratiquement plus s’adoucir. Les cuisses brûlent fort, le lactique accumulé lors de l’ascension du col de Parquetout produit ses effets néfastes. Heureusement, les vues sur le Dévoluy, le lac du Sautet, et plus loin le Mont Aiguille, mais surtout les sommets alentours dénudés, superbes pelouses alpines d’un vert changeant avec les rayons du soleil qui jouent avec les nuages d’un blanc incomparable, font oublier la souffrance et permettent de tenir jusqu’au sanctuaire.

Ce dernier n’apparaît que tardivement, protégé de la vallée par le Planeau, modeste épaulement. Le Sanctuaire serait construit en banlieue d’une grande ville qu’il serait probablement sans charme, mais l’essentiel de son cachet provient des montagnes qui lui servent d’écrin.

Après avoir pris une boisson au milieu des visiteurs, nous reprenons notre chemin et dévalons la belle route large tracée pour accueillir les milliers de pèlerins les jours suivants.

20170812_153413Revenus à Corps, nous achetons de quoi nous restaurer, mangeons et repartons en direction du lac du Sautet. Nous traversons le Drac au niveau des gorges resserrées qui ont vu la construction du barrage dans les années 30, puis remontons sur la rive opposée vers Pellafol village limitrophe entre Trièves et Dévoluy. Nous passons sous les éoliennes, et nous dirigeons face au vent vers le plateau Matheysin.

les éoliennes de PellafolVers St Sébastien, nous rejoignons la petite route qui dégringole en lacets vers le pont de Ponsonnas, duquel nous assistons à un saut à l’élastique. Après ce spectacle toujours renouvelé, nous remontons vers la Mure, que nous évitons par la droite, avant d’atteindre Fugières et Laffrey par Cholonge.

Les photos sont ici.

Distance = 135,6 km
Durée = 7h34′
Vitesse moyenne = 21,2 km/h
Gain d’altitude = 3.849 m
(probablement moins du fait d’une ràz involontaire de l’altimètre au sanctuaire)